Performance n°67 JC Earl

"Références populaires, marques de luxe ou de sport s’affichent ostensiblement. La statuaire de JC Earl et ses peintures ironiquement triomphales se nourrissent de diverses influences, allant de l’iconographie hip-hop du Paris des années 90 à ses nombreux voyages en Afrique. JC Earl présente un univers brut et magistral, à l’esthétique naïve, dans lequel la mascotte de Ralph Lauren et les cavaliers en réinsertion sociale des écuries de « Fletcher Street » ne font plus qu’un. Sa fascination pour les photos de Mohamed Bourouissa engendrera une série de joueurs de polo esseulés, des Don Quichotte urbains, vagabondant et arborant fièrement les stigmates d’une classe populaire. Leur représentation abrupte illustre avec dérision et désenchantement les excès et pratiques de ces conquistadors du néant. Sa production prolifique fait naître des chimères contemporaines telles que des coursiers sur des chevaux à roulettes ou des basketteurs jouant au polo, clins d’oeil à sa vie passée et à ses souvenirs d’enfant fantasmés. Les imperfections apparentes sur certaines oeuvres ne sont pas sans rappeler les cicatrices de leur auteur dont l’humour et le second degré irrésistibles lui permettent aussi de se jouer des codes de la céramique et de la peinture contemporaine, sans les abâtardir. C’est avec une aisance naturelle et un lâcher-prise insolent que l’artiste raconte ses antihéros grâce à une écriture brute et remarquable mais avec une subtilité dont il a le secret."

Earl LE _MURXIII